Le Parisien

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FAMILLE. Alors que les députés ont voté mercredi le principe d’un divorce par consentement mutuel sans  juge, dans un souci de simplification, des procédures en ligne rapides et peu chères se développent sur le Net.

« DIVORCEZ en moins de trois  mois ». « Divorce rapide dès 249 € »…

Les annonces pour les cabinets  d’avocats spécialisés dans le divorce  en ligne pleuvent sur Internet, qui  toutes promettent une procédure  simple. Le premier site spécialisé a  été lancé en 2010 par le cabinet Omer  mais cette tendance n’a cessé depuis  de se développer avec l’apparition  d’une foule de nouvelles propositions en ligne.

C’est le cas du site Divorce pour tous, créé il y a un an, qui compte  aujourd’hui 350 inscriptions et une  trentaine de divorces prononcés. « Mais attention, ce service ne s’adresse pas à tous, prévient l’avocat Romain Omer. Il faut que les époux soient d’accord sur tous les points. » Car ces sites ne traitent que les divorces par consentement mutuel, c’est-à-dire au cours duquel les conjoints s’entendent sur la rupture du mariage et sur ses conséquences.

Contesté par des associations familiales et féministes

En France, ce type de séparation est largement répandu : sur 123 537 divorces prononcés en 2014 selon le ministère de la Justice, 54% ont été signés par consentement mutuel. C’est d’ailleurs pour ces divorces-là que le ministre de la Justice a présenté mercredi un amendement, voté par les députés — mais qui doit encore être discuté à l’Assemblée à partir du 17 mai — qui autorise une séparation sans passer devant le juge. En attendant cette disposition qui vise à simplifier et pacifier les procédures — déjà très contestée par des associations familiales et féministes qui redoutent notamment que sévisse la loi du plus fort —, les sites spécialisés séduisent justement avec des prestations bon marché et rapides. Il faut compter entre 240 et 300 € par époux, contre 1 000 € pour un service classique.

Et « on peut envoyer le dossier des clients en quinze jours au tribunal, détaille Me Lumbroso, alors que d’habitude il faut compter entre un et trois mois. » Le Conseil national des barreaux (CNB) recommande cependant d’être prudent. « Il faut vérifier sur le site du CNB que la prestation est bien gérée par un avocat inscrit au barreau, prévient Roland Rodriguez, vice-président du CNB. Et puis la procédure de divorce ne doit pas être complètement dématérialisée. Il faut obligatoirement rencontrer son avocat au moins une fois avant le jour de l’audience. » Ce qui n’était pas le cas, par exemple, du site Divorce-discount.com condamné l’année dernière par la cour d’appel d’Aix-en-Provence.

CHLOÉ COHEN

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